Que le vent se mette à soufler
Que la pluie se mette à tomber
Mes pensées s'échappent par la fenêtre
Mon âme se perd dans la tempête
Jamais je n'oublierai les douces paroles que tu as déposées dans le creux de mon oreille. Ces paroles si douces me berçaient dans l'horizon de jours meilleurs. Quand au loin surgit, dressé sur deux chevaux noirs, la pitoyable silhouette de ton silence. Du haut de mon magnifique donjon, recouvert par milliers de roses fleuries, j'aperçus le sourire de ta trahison. Les deux chevaux noirs se mirent à galoper dans ma direction. Les nuages me lancèrent de vilains regards comme pour me prévenir du vicieux danger qui allait me faire transpirer dans ma jolie robe de poupée. Mes roses se fanèrent. Elles se defendaient en jetant leurs épines dans la chair de ton silence qui jouissait déjà de sa victoire sur mon pauvre esprit torturé. Il a suffit d'une seconde pour que l'assassin puisse pénétrer dans ma tourelle. J'ai alors senti ton absence me transpercer, puis se frayer un chemin dans le bout de mes doigts pour prendre possession du moi que je m'étais créée. Ta jouissance me fit voler dans la petite pièce que j'ai dû abandonée, condamnée à ne faire qu'un avec la douleur. J'ai été l'attraction du vide qui m'a baignée dans l'eau limpide de la peur. Mon corps n'avait plus la force de nager dans ses eaux malseines, mon esprit a alors imaginé une lumière qui m'aspira hors de ce gouffre. Au bout de cette lumière se trouvait l'antidote qui appartient à l'arbre bénit. La vengeance est un pêché qui me reconduirait dans la tempête qui a déjà ravagée mon coeur qui pour une fois garda en lui ses sanglots. L'oubli est présent dans cette lumière sauvatrice du moi choqué par la tempête. Jamais je n'oublierai ces quelques secondes. Quelques secondes en Enfer, c'est des milliers de vies détruites.
Que le vent s'arrête de soufler
Que la pluie s'arrête de tomber
Mes pensées mises à nues au travers de cette fenêtre
Mon âme toujours là après la tempête